L'histoire des menus...
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Il était une fois Des menus Royaux
Histoire et menus, Philippe Mordacq, décrit avec de nombreux détails, des tranches de vie associées à un menu d'une cour royale du monde.

Extrait:
"...Alexandre III ne soupait pas; accompagné par le ministre de la cour et par le grand maréchal du Palais, il allait de table en table saluer d'un mot aimable ses invités. Il avait quitté depuis longtemps le fumet du potage à la crème de cailles perlée, lorsqu'il arriva prés du général Tchinghiz-Khan.
Il lui fit un signe discret. A regret, le général abandonna sa langouste pour suivre l'empereur. Quelques tables plus loin, au moment où l'on servait les poulets à la broche, il trouva le baron Mayendorff qu'il invita également à le rejoindre. L' escorte d'Alexandre grossissait à vue d'œil et, tandis que les ambassadeurs essayaient d'imaginer une signification au comportement du tsar, l'impératrice, amusée, observait le manège de son mari."

A la table des politiques
Qui mange quoi; avec qui, pourquoi.
Extrait:
"...29 novembre 1993. Jacques Chirac fait double coup de fourchette pour fêter ses soixante et un ans et son appétit légendaire se confirme. Le déjeuner a lieu entre copains dans le restaurant Aux Charpentiers, rue Mabillon. Charcuterie, andouille, chou farci sont servis par Pierre Bardèche, corrézien aussi solide que ses nourritures. A table, quelques invités qui font autorité dans le gotha économique, notamment Jacques Friedman et Jérôme Monod, mais aussi Nicolas Sarkozy. Le dîner, lui, est intime. Le cadre est celui de Joe Allen, le restaurateur américain des Halles. Jacques Friedman est toujours là,...."

Casanova Les Menus plaisirs
Plaisir de la table et plaisir de la chair. De nombreuses illustrations accompagnées de menus (aphrodisiaques?) et recettes.
Extrait:
"...Un souper fin commence toujours pour Casanova par une orgie d'huitres et du champagne; une simple omelette, parfois des truffes, du vin de Bourgogne, du mousseux pour la gaité et le bordeaux de Graves suivent alors.
Viandes, gibiers, poissons, œufs, souper en maigre ou en gros selon le jour et la saison sont à la convenance. Les fromages se doivent d'être forts et le punch a une part importante au plaisir pour achever de faire tourner la tête...."

La Vie et la Passion de Dodin-Bouffant, gourmet
Un gastronome a la recherche de la perfection, une cuisinière parvenant à le satisfaire ainsi que ses quatre amis, qui meurt....
Extrait:
"...De ces beignets ambrés comme la peau d'une belles Cinghalaise, les uns dorées des foies de lottes teintés d'un beurre à peine indiqué; les autres, des moelles onctueuses parfumées de safran; il y en avait d'autres dont le secret chéri était des cervelles de bécasses conservées dans une marinade de Volnay. Les flancs enfin de de quelques-unes de ces boules brûlantes et grasses livraient de précoces cardons d'automne...."

Le Fantome de Brillat-Savarin
"S'il faut manger pour vivre, autant le faire en se régalant", un livres relatant des souvenirs, des senteurs, des sensations,....
Extrait:
"...Il commanda donc un repas pour une seule personne. Quand on lui servit, il eut conscience d'un certain laisser-aller: le vin était peut-être un tantinet trop froid, et la sauce qui accompagnait la carpe, laquelle était inéniablement moins succulente qu'à l'ordinaire, était loin de posséder ce petit goût piquant pour lequel son cuisinier était, à juste titre, renommé.
Lucullus se rembrunit et fit appeler son majordome.
"Peut-être, peut-être, en effet", convint le domestique, aprés le premier flot de salutations respectueuses. "Nous avons pensé, voyez-vous, qu'il n'y avait pas besoin de préparer un banquet somptueux si notre seigneur dînait seul... - C'est justement quand je suis seul, répondit le grand gourmet d'un ton glacial, qu'il faut apporter un soin tout particulier à la confection de mon dîner. En ces occasions, veuillez vous rappeler que Lucullus dîne chez Lucullus..."

Le Menu de Philippe Mordacq
Un ouvrage de références pour les collectionneurs et les amateurs de beaux livres.
Philippe Mordacq, l'auteur, a su ordonner avec de nombreuses illustrations les différentes catégories de menus et les légender afin d'expliciter leurs places dans l'histoire.

Extrait:

"...Les menus, encore rares au XVIIIe siècle, font partie du repas sous le premier Empire, du moins, dans le cercle restreint des gastronomes réunis autour de Gromod de La Reynière. Ce dernier est le fondateur de la gastronomie. Il se rend célèbre sous l'ancien régime, en organisant à l'âge de 25 ans, un souper qui frappe durablement les imaginations du temps. L'invitation est rédigée selon le modèle d'un faire part mortuaire sur une grande feuille en papier vergé décoré de symboles funéraires,...."
couverture du livre le Menu

Le protocole Histoire et coulisses
Chaque réception doit se dérouler suivant un cérémonial dû au rang du visiteur mais aussi avec des règles strictes permettant d'éviter de blesser la sensibilité des invités.
Extrait:
"La plupart des présidents de la République ont, pour ne pas simplifier les choses, des idées personnelles soit sur les menus, soit, sur le service, soit sur l'organisation. Les intendants sont bien obligés d'en tenir compte. De Gaulle avait décidé que le foie gras se servirait avec la salade. Valery Giscard d'Estaing faisait une fixation sur la hauteur des nappes, exigeait qu'elles soient exactement à trois centimètres du sol et qu'on ne voie pas les pieds des tables. François Mitterrand, grand amateur de fromages (l'un de ses plus proches conseillers lui en ramenait chaque semaine de sa campagne), en exigea l'introduction au petit déjeuner, alors que depuis Fallières une controverse agite l'Elysée sur leur présence à table. Autre innovation de son cru: l'usage de la flûte à champagne, qui donna lieu à une commande aux cristalleries de Baccarat. pour compléter le service de la Présidence. Jacques Chirac ne se contenta pas d'imposer trois marques de cidre et sa bière préférée à la carte mais exigea qu'on serve des produits du terroir. C'est ainsi qu'à la place des alcools d'origine étrangère, whisky et porto, ou du moins en concurrence avec eux, on a réhabilité la fine à l'eau, le muscat et le pineau des Charentes."

Les cuisines de l'Elysée, de Francis Loignet,
Francis Loignet, pâtissier, a servi 42 ans à l'Elysée. Anecdotes et quelques recettes...
Extrait:
Remise du titre de Meilleur Ouvrier de France.
"...Peu de temps après, François Mitterrand, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, remettait solennellement leur médailles aux lauréat. Vint le tour de Joël (Normand) de recevoir la sienne.
Congratulations. Sourire en demi-teinte. Poignée de main présidentielle. Soudain Joël estomaqué s'entendit demander par la voix douce, mais porteuse d'une si écrasante autorité:
" Pour qui travaillez-vous?
- Mais.. Pour vous Monsieur le Président. Aux cuisines de l'Elysée."

Les Français à table
La table des français à travers les régions avec leurs spécialités mais aussi l'histoire des mets, des recettes, etc, ...
Extrait:
"...Le palais humain, destiné aux plaisirs raffinés de la table, est devenu une poubelle. Nous attendons encore un mets vraiment nouveau. Les mêmes plats défilent sur les tables honteusement fardés; seules changent les ridicules et prétentieuses appellations sous lesquels on les sert....Il faut rapprocher des aliments et des liquides aujourd'hui séparés avec une si étrange circonspection et provoquer, par cette rencontre, des sensations gustatives inédites....."

Les Miscellanées culinaires de Mr SCHOTT
Extrait:
"...En France, s'il est illégal de chasser, d'acheter et de manger des ortolans, les infractions à la loi sont monnaie courante. L'un des plus célèbres contrevenants fut François Mitterrand, qui se régala d'ortolans lors de son ultime repas. Atteint de cancer en phase terminale, conscient de l'imminence de sa mort, l'ancien président réunit ses proches pour un dernier banquet, le 31 décembre 1995, dans sa bergerie landaise de Latche. Quatre plats furent servis: huîtres de Marennes, foie gras, chapon rôti et ortolans. La méthode traditionnelle selon laquelle on prépare et l'on mange les ortolans est aussi pittoresque que barbare: capturés vivants, gavés de baies et de grains jusqu'à quadrupler de poids, ils sont noyés dans du cognac, plumés et rôtis. Chaque convive décapite son ortolan d'un coup de dents puis l'engloutis d'une seule bouchée, tout entier (os et viscères compris), en se cachant la tête sous une serviette - pour dérober au regard de Dieu le spectacle de tant de cruauté et de gloutonnerie. Manger plus d'un ortolan est considéré comme un excès; le président mourant en prit un second - probablement le dernier mets à franchir ses lèvres avant sa mort, une semaine plus tard."

Mangiare gli occhi
Livre de reproductions de menus

Menus Historiques
125 pages de reproduction de menus, avec une majorité de menus français.
Extrait:
"...Entre autres les menus d'autrefois révèlent bien des événements historiques et sont, par conséquent, une source indéniable à reconstituer l'histoire.
La prospérité a toujours eu son mot à dire dans la composition et la présentation d'un menu.
La raréfaction des menus historiques s'explique par le nombre diminuant de faits politiques remarquables et la disparition de bien des dynasties....."

Quid des présidents de la République
Tous les présidents jusqu'a 1981; dommage qu'il ne soit pas réactualisé.
Extrait:
"Pour aller à l'étranger. Félix Faure (en Russie), Loubet et Fallières (en Grande-Bretagne), Poincaré (en Russie et Grande Bretagne), Doumergue et Lebrun (en Grande-Bretagne) utiliseront des navires de guerre (en général des unités importantes et modernes).
Le premier président qui prendra l'avion est Vincent Auriol, pour aller dans les territoires d'outre-mer et pour rentrer d'un voyage officiel aux Etats-Unis.
Quand Coty reçut la reine d'Angleterre, il fallut utiliser à la sortie de l'Opéra une voiture de secours, la D.S présidentielle refusant de démarrer. Le lendemain, la Reine fit venir à l'Elysée une Rolls au pavillon britannique, mais Coty refusa d'y monter disant à le Reine: "Si vous voulez monter dans votre voiture, passez devant, et je vous suivrai dans la mienne." Finalement, la Reine accepta de monter dans la D.S."

Tables royales et festins de cour
La table des rois avec tout le cérémonial. Une étude complète des usages liés aux repas royaux européens.
Extrait:
"Le tsar donnait l'ordre de servir, aussi bien les plats que la boisson, selon le rang de noblesse des invités; il y avait quatre services.
On a gardé une description de festin dans les notes d'ambassadeurs polonais, venus à Moscou en 1667. Au premier service, on servit au premier ambassadeur une aile de cygne, au deuxième service service un vol au vent, au troisième des alouettes cuites au four, au quatrième un morceau d'oie.
Pour le deuxième ambassadeur: un pâté, des alouettes, une cuisse de cygne, de la soupe noire au poivre.
Après les quatre distributions du tsar, on posait tout ensemble sur les tables, autant qu'on pouvait en mettre, en mélangeant le froid, le chaud, les soupes. Chacun prenait ce qui lui plaisait. On plaçait aussi sur les tables de grands seaux d'argent remplis de boissons diversement alcoolisées et chacun y puisait avec sa coupelle.
L'abondance de ces festins mettait les étrangers en transe, il arrivait qu'on serve jusqu'à 500 plats; on buvait tout autant, et portait des toasts à la santé des uns ou des autres, à l'amitié entre les Etats, en l'honneur de l'héritier de trône, ou des ambassadeurs, ou des boyards. Quand le tsar buvait en l'honneur d'un souverain étranger, il présentait le gobelet de ses propres mains..."

Un Tsar à Compiègne Nicolas II, 1901
Le 18 septembre 1901, le tsar Nicolas II et la tsarine Alexandra Feodorovna débarquent à Dunkerque;...L'alliance franco-russe est racontée grâce au catalogue de l'exposition ayant eut lieu au Château de Compiègne. Très illustré, on souhaiterait que les manuels d'histoire ressemblent à ce livre.
Extrait:
"...Au milieu de sa promenade où il semblait suivre sa fantaisie plutôt qu'aucun dessein prémédité, l'Empereur tout à coup pique des deux et se dirige au grand galop de son cheval vers une batterie d'artillerie qu'il a aperçue dans le lointain. Avant que l'escorte soit revenue de sa surprise, Sylvestre qui est attaché à la personne du Tsar, se précipite à toute allure pour le rejoindre et le trouve au milieu d'une batterie de 75, interrogeant le jeune lieutenant qui la commande, se faisant expliquer le fonctionnement du canon, le détail de ses organes. L'officier expose la théorie du canon avec le calme et l'autorité d'un vieux professeur faisant son cours à l'École de Guerre. et Abel Combarieu de s'interroger: " Tous les officiers de l'armée française ont-ils l'intelligence et l'instruction du lieutenant Tuaillon? J'espère que le Tsar en est convaincu."
press book

Article paru dans Le Point - 12 septembre 2001
scan de l'article paru dans le Point le 14 septembre 2001

L'Internaute
Les festins prestigieux de menustory.com Ce site perso vous propose de survoler plus d'un siècle de menus gastronomiques offerts a des hôtes prestigieux par les divers présidents de la République. De Louis Napoléon Bonaparte à Jacques Chirac, le sort des peuples se jouerait-il autour d'un menu ? (02/11/2001) Le site. "Les repas sont devenus un moyen de gouvernement, et le sort des peuples s'est décidé dans un banquet." C'est par cette citation de l'épicurien Anthelme Brillat-Savarin auteur de "La Physiologie du Goût", qu'Yves, l'auteur de ce site perso vous introduit dans des cuisines peu ordinaires. Celles qui ont vu défiler dans leurs fourneaux des mets succulents cuisinés avec raffinement pour les plus prestigieux des chefs d'Etat français et leurs invités. Yves est un véritable collectionneur de menus qui vous fait partager sa passion de l'art culinaire autour de ses plus belles pièces afin de suivre l'évolution de la gastronomie à travers plus d'un siècle de diplomatie française. On s'en doutait les chefs d'états aiment bien la bonne bouffe et la consultation de ces menus excitera votre palais à maintes reprises. De Elisabeth II d'Angleterre à Yasser Arafat jusqu'à Boris Eltsine, personne ne résiste à la gastronomie française ! L'Internaute a aimé... Les usages du Général De Gaulle avant de passer à table (20h30 précise !), la rubrique "Illustrateurs" qui nous fait découvrir plusieurs menus illustrés par les grands noms du monde artistique des différentes époques. L'Internaute a regretté... Aucun menu disponible concernant les mandats de Georges Pompidou et Valery Giscard d'Estaing. L'habillage du site à revoir. [Jean-Philippe Carpenet, L'Internaute] Fiche d'identité Adresse complète http://www.menustory.com/ Langue Français Editeur Site perso créé par Yves, un amateur de bonne chair. Logiciel nécessaire Non Signes particuliers Une curiosité, un menu datant de 1862, celui de Louis Napoléon Bonaparte qui raffolait des petits gateaux de riz. L'Avis de L'Internaute @@@ @ = bof / @@ = pas mal / @@@ = très bien / @@@@ = superbe!
site

Le site officielle de la Présidence de la République
Le site officielle de la Présidence de la République avec l'agenda du Président, la galerie des anciens Présidents, la visite de l'Élysée, la possibilité de recevoir le compte-rendu du Conseil des Ministres, ..etc..
Site officiel de l'Elysée - capture d'écran novembre 2008
Textes

la dictée de Mérimée
D'après le fascicule:
"pour s'instruire seul, La Dictée de Mérimée revue, augmentée et expliquée. Étude originale d'orthographe, de vocabulaire et d'étymologie."
de Eugène FERRAND
Imprimerie Delmas
Bordeaux 1957

Introduction
Il arrive parfois qu’entre gens de bonne société la conversation tombe sur une question d’ordre orthographique.
Si quelqu’un évoque alors la dictée de Mérimée, dictée dont on a généralement entendu parler, mais que l’on n’a pas toujours vue, chacun craint que cette épreuve ne lui soit proposée.

Songez donc! Lorsque Mérimée, voulant donner ce divertissement à la cour de Compiègne, lui soumit la dictée qu’il avait composée, l’impératrice Eugénie, qui, ne l’oublions pas , était née Espagnole, fit soixante-deux fautes.

Il est probable que les fautes d’accents, de traits d’union, de trémas, etc., furent sévèrement relevés par Mérimée, pour que Napoléon III ait, de son côté, fait quarante-cinq fautes, tandis qu’Alexandre Dumas et Octave Feuillet, tous les deux académiciens, en commettaient, le premier dix-neuf, le second vingt-quatre ; à moins qu’empereur et courtisans en aient commis sciemment par un souci de galanterie, assurés d’avance que l’impératrice en ferait beaucoup.
Quant à la princesse de Metternich, elle était responsable de quarante-deux fautes.

Mais le grand vainqueur de ce petit tournoi fut le prince de Metternich, l’ambassadeur d’Autriche, avec trois fautes seulement.

Et pourtant, cette fameuse dictée n’apparaît pas tellement hérissée de difficultés.

En voici le texte, tel que nous l’a transmis Octave Aubry dans son livre l’Impératrice Eugénie:

Texte original

Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, prés du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l’amphitryon, fut un vrai guêpier.

Quelles que soient, quelque exiguës qu’aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu’étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, il était infâme d’en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et malbâtis, et de leur infliger une raclée, alors qu’ils ne songeaient qu’à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires.

Quoi qu’il en soit, c’est bien à tort que la douairière, par un contre-sens exorbitant, s’est laissé entraîner à prendre un râteau, et qu’elle s’est crue obligée de frapper l’exigeant marguillier sur son omoplate vieillie.

Deux alvéoles furent brisés, une dysenterie se déclara, suivie d’une phtisie.

« Par saint Martin ! quelle hémorragie ! » s’écria ce bélître.

A cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédant de bagage, il la poursuivit dans l’église tout entière.

dictée proposée, revue et augmentée

Le dîner à Sainte-Adresse
Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, tout près du Havre, véritable festin offert en l’honneur de Saint Henri – son patron – par l’un de mes meilleurs amis, ancien ingénieur cantonal de la voirie, pensionné de la Ville de Paris, et mué depuis sa retraite en gentleman-farmer cauchois, ne fut pour aucun de nous ni un vrai guêpier ni l’un des plus dangereux guets-apens.

Cependant pour s’être délectés à l’extrême, certains des quelque trente et un convives dyspepsiques (ou dyspeptiques), m’a-t-on dit, qui s’étaient bien persuadés et s’étaient même fait fort de ne point flancher, durent en pâtir un assez long temps.

Un quincaillier, ex-fusilier marin, et un vieux joaillier, qui se sont succédé en tant que fabricien et marguillier de la paroisse, faillirent même en trépasser le lendemain : le premier, mal remis d’une dysenterie, et aussi maigre qu’ un râteau et un goupillon réunis, eut une hémorragie qui l’amena à toute extrémité ; encore plus étique, le second, un malbâti, aux omoplates si arquées, qu’on l’eût dit atteint de phtisie, ne put éviter l’érysipèle facial ni l’urticaire quasi généralisé.

En revanche, ce noble et fameux balthazar, véritablement sans pareil, fit les délices avouées de maint autres commensaux bien famés et au gaster plus résistant ; les uns, gastronomes subtils, ou épicuriens éclectiques adorant festiner, les autres, joyeux et robustes gastrolâtres pleins d’embonpoint, n’aimant qu’à faire chère lie sans avoir pourtant rien d’infâme.

Pince-sans-rire aussi exubérants qu’hilares, un honorable contremaître de fabrique et un honnête fabricant d’allume-feu, n’engendrant point le spleen - lesquels en persiflant, s’étaient ri de tous les lazzi qu’on ne manqua pas de leur décocher - me firent seuls l’effet d’être des demi pique-assiette.

Les effluves embaumés de la mer nous arrivaient par les baies entr’ouvertes de la salle à manger. Fort soucieuse de ses devoirs de parfaite maîtresse de maison, la bru de mon ami, riche et amène douairière que la guerre ignoble et cruelle a fait pleure – ses valeureux jumeaux étant tombés ensemble à la terrible « cote 304 » - s’était laissé entraîner par son sens aigu de la politesse et son vif désir de nous réserver un accueil aussi aimable que sincère et chaleureux. Amie des fleurs, elle s’était crue obligée de décorer cette salle spacieuse et tout inondée de lumière : des plantes hiémales placées çà et là dans les multiples alvéoles emplis d’eau des jardinières en cristal, de même que des rhododendrons, phlox, cannas, phœnix, arums, dahlias et azalées s’échafaudant en longs cornets de baccarat, ou fusant en geyser d’élégants cache-pot, attestaient de toutes parts son amour de la décoration florale et expliquaient l’invitation qu’elle nous avait faite d’aller visiter ses serres et ses parterres.

Quoi qu’en ait dit avec excès et sans nulles ambages un doucereux bélître, neurasthénique censeur à l’air égrotant, et quelles qu’aient été les réflexions et les excédantes critiques d’un géomètre, ratiocinant splénétique qui patrocina jusqu’à satiété des arrhes exorbitantes qu’étaient censés avoir versés sensément mais à contre-cœur sa fille et son beau-fils, pour obtenir cession d’un vieux cottage – arrhes équivalant aux trois quarts de la somme due – on se pouvait croire chez Lucullus.

En effet, le maître queux s’était surpassé, car, quelque exiguës qu’ont paru à tous, la cuisine et deux pièces auxiliaires que, d’autorité, il avait fait siennes, et en dépit de l’exiguïté de l’office affectée au personnel ancillaire, chaque mets fut estimé succulent , et les entremets régals nonpareils qui eussent régalé un roi.

Aussi, cet émule de Vatel sans épée, moins négligent qu’à cheval sur le règlement, gagna le lot des dîneurs les plus exigeants ; ces derniers, sans scission ni dissension aucune, avaient jugé de sa tâche et de son mérite, en vertu de droits régaliens qu’ils s’étaient arrogés.

Précédant de délectables hors-d'œuvre, qu’accompagnaient des vol-au-vent de ris d’agneau, un potage Ésaü fut d’abord apprécié ; vint ensuite une appétissante bouillabaisse noblement corsée et de très haute facture : muges, dorades, crevettes-bouquets, clovisses, moules boulonnaises bien raclées et autres frutti de mare, le rendaient digne des difficiles becs fins mêmes, de la vivante et lumineuse Canebière.

Après une bonne matelote d’anguilles et de truites saumonées à la ravigote, un confit de porc et un navarin, épaulés d’un châteaubriant aux échalotes, m’ont semblé avec l’entrecôte cuit à point, de sérieux plats de résistance.

Puis, fin salmis de gelinottes, mijoté au vin rancio d’excellent arôme ; pigeonneaux en cocote accordés de morilles ; gibelotte de lapereaux finement accommodée d’oignons blancs ; cuisseau de veau pané ; râble de levraut rôti, parfumé de thym, baignant dans un coulis cantonné de girolles ; cuissot de chevreuil aromatisé de cannelle et de girofle moulus, s’entre-suivirent aussi abondants qu’exquis ; une salade de scarole et de raiponce mêlée et aillolisées, ainsi que les ice-cream vanillés pleins d’avantages pour chacun, aidèrent à la digestion.

Le dessert fut également de qualité : crème caramélée, petits-fours aux amandes, vaste tourte normande – sorte de poudingoïde galette miellée, cassonadée, tout entourée de pets-de-nonne et gourmandée de carrés de pistache, de coings et de rhubarbe – couronnèrent =, appuyés de grap-fruit glacés le faste, incroyable et pourtant réel, de cette profusion de succulences.

Le tout fut arrosé de vin de très bons crus et de haut millésime. Certains graves, entre autres, dionysiaque nectar et orgueil de notre hôte, souleva l’enthousiasme des gourmands, comme celui des gourmets les plus délicats.

Bien qu’abstème par idiosyncrasie – fâcheux privilège inhérent à ma nature – et quels que pussent être les non-sens et les contresens qui contrecarraient mon dur régime d’hépatique, je transigeai sans remords avec ma conscience , en goûtant, dussé-je avoir à m’en repentir, à tous les magnums et jéroboams successivement dispensés par l’échanson, gai et au ton plaisant en diable.

Ni de ces nombreuse voluptés gustatives, ni des extra et rafraîchissements variés, prodigués par l’amphitryon, je n’eus, sauf de légers spasmes œsophagiens ponctués de rots étouffés et de borborygmes discrets, aucun sujet de repentance.

Un gobelet de vespétro en main, je participai même , en détonnant peut-être, au gaudeamus entonné par un coreligionnaire de mon ami, et que barytona en chœur l’assemblée tout entière.

Que ceci soit dit en français ou en latin, vraiment, « le bon vin réjouit le cœur de l’homme ».

Les Pochardes (Grives de Vignes)
Les Pochardes 

Les "Pochardes"  
(Grives des vignes)

par R . J. Germa  (La Revue Culinaire n° 205  octobre 1937)

 

 

L'aube pourpre et dorée des jours estivaux a disparu; le chaume a pris, comme les matins de septembre, ce gris cendré qui laisse rêveur le vendangeur matinal arrivant à sa tâche. La végétation , épuisée de son effort nourricier s'est calmée, les oiseaux blasés de champs se sont tus.  Seule, la vigne qui finit d'emplir de jus vermeil ou doré les grappes givrées par la rosée nocturne se préparent a payer à la nature son tribut de liqueur généreuse et stimulante.

Pourtant, à l'orée du bosquet de chênes se révèlent de léger bruissement d'ailes; attirés par les grappes alourdies, les grives gourmandes viennent s'y jeter: l'époque est venue pour elles de faire leur cure uvale; de cette médecine enchanteresse, elles sont les propagatrices insatiables. En groupe, elles perpétuent la tradition des Bacchanales antiques qui s'immolaient devant le dieu Bacchus. D'ailleurs leurs poitrails au plumage floconneux ne porte-t-il pas le signe du dieu du vin fait d'une constellation d'un brin indigo ayant l'apparence d'une grappe aux grains ronds à peine formés?

Annuellement, ces compagnies voletantes se livrent dans les vignes à des libations sans mesure, les grains plein de jus carminé sont tailladés par leurs becs et , tel des clowns exerçant sur la piste d'un cirque, on peut les voir, ces pochardes, faire des rétablissements sur les ceps chargés de grappes et les feuilles rouillées. Tantôt elles vacillent et trébuchent, calculant mal leur élan, telles un trapéziste débutant; mais leur orgie bachique continue jusqu'à leur faire perdre la raison. C'est à ce moment  qu'apparaît le chasseur en quête de leur troupe , mais alourdies par des libations trop prolongées, elles ne sont plus capables de mesurer le danger qui les menace et elles comptent sur la rapidité de leur vol. Trop tard, la poudre parle et les grives à l'aile grise tombent, atteintes par le plomb meurtrier.

Le chasseur secoue leurs petits corps frissonnants et humides du jus qui les conduit au tombeau - en l'espèce la gibecière - et notre nemrod arrive à  son foyer où, en rangs d'oignons, sur la table de la cuisine, s'expose son tableau de chasse fait des forcenées buveuses. Puis, leurs plumes tombent, mais le contact avec la vigne n'est pas terminé, car Marie, la cuisinière, sait que la grive doit avoir pour linceul une feuille jaunie recouverte d'une barde de lard, et que c'est à la broche, devant un feu de sarments flambant clair que va se terminer la destinée des "pochardes". Déjà, prés d'elles se colorent les croûtons sur lesquels elles seront présentées aux convives dans une harmonie où tout rappelle les lieux où elles vécurent. Sur la nappe à damiers bleus, une coupe de grappes blondes et brunes évoque leur amour de la vigne et du raisin, et quelques bouteilles de Chambertin sont là pour leur faire un glorieux accompagnement.

C'est dans ce cadre de fête, de gastronomie et de vie qu'elles ont leur fin, après avoir été les profiteuses des vignes de Seigneur et, jusqu'au  bout, des "pochardes".

R.-J. GERMA

 

 


Recette de la Dinde au Whisky
Recette de la Dinde au Whisky


Recette de la Dinde au Whisky

Ingrédients:
Acheter une dinde d'environ 5 kgs et une bouteille de Whisky
Prévoir du sel, du poivre, de l'huile et des bardes de lard.

Durée de la préparation:
Une bonne journée.

Recette:
 Barder la dinde de lard, la saler; la poivrer et ajouter un filet d'huile d'olive.
 Préchauffer le four therm. 7 pendant 10 minutes.
 Se verser un verre de whisky. Le boire.
Mettre la dinde au four dans un plat à cuisson.
Se verser 2 verres de whisky et les boire.
Après une demi-heure, fourrer l'ouvrir et surbeiller le buisson de la pinde.
Brendre la vouteille de buiscuit et s'enfiler une bonne rasade.
Après une demi-heure, dituber jusqu'au bour.
Ouvrir la borte, reburner, revourner, enfin bref, mettre la guinde dans l'autre sens.
S'asseoir une un butain de chaise et reverdir 5 ou 6 verres de whisky.
Buire..., non luire.. ., non cuire la bringue bandant 4 heures.
Et hop, 5 berres de plus.
R'tirer le four de la dinde.
Se rebercer une bonne goulée de whisky.
Ramasser la dinde (l'est tombée par terre). L'ettuyer et la voutre
    sur un blat... sur un clat...   sur une assiette.
 Se béter la figuer à cause du gras sur le barrelage de la cuisine.
Ne pas essayer de se relever.
Décider qu'on est bien par terre et binir la mouteille de rhisky
Plus tard, ramber jusqu'au lit; dorbir ze gui reste de la nuit.
Le lendemain matin, prendre un Alka Seltzer, manger la dinde froide avec de la mayonnaise.
et nettoyer le bordel que vous avez mis dans la cuisine.