Déjeuner du 19 septembre 1901

au Fort de Witry
 

Visite du Tsar Nicolas II du 18 au 21 septembre 1901

Vers deux heures de l'après-midi, le couple impérial quittait, avec le président Loubet, le plateau de Berru pour se rendre en landeau au fort de Witry-lés-Reims. Le Tsar rapporte:" Nous avons déjeuné au fort de Witry dont les casemates ont été transformées en salons superbes et confortables". Deux d'entre elles avaient été aménagées en salons, l'un réservé aux souverains, l'autre au président Loubet. Une autre, plus vaste, était devenue une salle à manger tendue de soie jaune. Le Panorama publie une photographie qui attire l'attention: le long des murs est suspendue la tenture des Douze Mois grotesques, que le gouvernement de la République a décidé d'offrir en présent diplomatique au Tsar. Un égal souci présida à la décoration, raffinée, des tables, ornées de bouquets; les Archives diplomatiques conservent encore une des fleurs séchées de ces compositions! Selon le livret protocolaire, le président du Conseil, les ministres de la Guerre et des Affaires étrangères, le vice-président du Conseil supérieur de la guerre, le chef d'état-major général de l'armée, les commandants de corps participant à la manœuvre, la suite du Tsar et de la Tsarine étaient aussi conviés.
(Un Tsar à Compiègne Nicolas II, 1901) 
 

10,3 cm x 17,6 cm

  "Le déjeuner du 19 septembre au fort de Witry était avant tout militaire. ... Un menu beaucoup plus simple correspond au déjeuner servi à Compiègne le même jour pour ceux qui ne participaient pas aux manoeuvres. C'est à la maison Potel et Chabot, qu'avait été confiée aussi, d'après la presse, l'intendance des déjeuners de Witry et de Reims.(Un Tsar à Compiègne Nicolas II, 1901)

 

Le Petit Journal
Dimanche 6 octobre 1901

Aux manœuvres de l'Est
Le Tsar et notre nouveau canon

L'empereur de Russie a, comme on l'a dit, pris un énorme intérêt à nos manoeuvres; il en a été très satisfait; en dehors des occasions où il a manifesté officiellement et publiquement son admiration pour notre armée, il s'est rencontré différentes circonstances où il a prouvé que son approbation était bien réelle et non pas seulement diplomatique.
Notre artillerie l'a très particulièrement frappé; on sait que, de l'aveu même de nos rivaux, elle est la meilleure du monde, et tandis que les autres nations cherchent à nous rejoindre, nous faisons encore des progrès qui augmentent les distances entre eux et nous.
Notre dernier modèle a donné, aux manoeuvres, des résultats si surprenants que le tsar a voulu l'examiner de près.
C'était le dernier jour des manoeuvres; bien qu'il fût en retard à ce point que le déjeuner au fort de Witry n'eut lieu qu'à deux heures, il ne consentit point à quitter le champs de bataille sans avoir étudié une des nouvelles pièces.
Le lieutenant Thuaillon du 25e régiment, sur sa demande, lui fournit toutes les explications; il fit manoeuvrer la pièce, la fit tirer dix fois de suite en quelques instants et enfin la fit démonter.
L'Empereur est parti émerveillé.
 

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